Discussion Philosophique
Emmanuel Ratsimiala : je dis QUE de la merdeAlexandre Testu : J'AIME.
(j'aime en CAPS LOCK, c'est quelque chose pour moi)
ER : haha
c'est un peu une déclaration implicite de l'importance que tu me portes tout en restant maitre de soi sans casser le personnage que tu t'es crée au fil du temps.
AT : voilà
ER : j'aurai sans doute poussé la plupart de mes clients au suicide si j'avais été psychiatre
(si j'avais/si j'aurais, jamais je ne le saurais)
AT : c'est un geste vers l'avant, une ouverture vers l'au-delà qui garde ses racines dans ce qu'on pourrait appeler, à tort peut-être, l'instant présent, ce moment éphémère qui participe tant bien que mal à la définition de notre être.
ER : mais l'instant présent n'est il pas, par définition même, le temps qui nous définit à tout moment? N'y a-t-il donc pas, dans cette déclaration, une remise en cause du passé par l'analyse profonde du présent afin de préparer le futur et ne pas répéter des erreurs passées qui pourraient à moyen terme, entraver le développement de l'être. Ainsi remettre en cause l'instant présent n'est il pas un acte de trahison envers le passé qui provoquerait la destruction mentale de celui qui la provoque?
AT : Je pense que c'est plutôt un parachèvement de ce passé qui nous retient dans ses bras barbares. Voyez-vous, le présent n'est pas une révolution en soi, c'est une addition, voire une multiplication de la définition initiale de notre âme à un instant passé. Le présent est passion, le présent est temporaire, mais en même temps, il est là. Son inéluctable pertinence nous pousse à nous remettre en cause à chaque instant, d'une façon parfois violente, il faut bien l'avouer.
ER : De ces déclarations on peut donc conclure que le présent est la source du problème insolvable car incontrôlable. Nous remettons donc en cause le libre arbitre prôné par la foie Chrétienne qui nous permettrait, et j'utilise le conditionnel, de "contrôler" notre destin. Par voies de conséquences nous restons donc des pantins dont les ficelles ne sont donc pas tirées par une puissance supérieure mais par un "être" non physique, le Temps, qui lui même ne contrôle pas ses actes. C'est un grand jeu de l'amour et du hasard, comme le dirait ce bon vieux Marivaud, auquel nous participons souvent malgré nous.
AT : mais cet "être" qui nous gouverne, le Temps comme vous l'appelez, n'est-il pas supérieur à nous? Si tel est le cas, le "Temps" est un autre terme pour ce qu'appellent les éclairés "Dieu". S'il est égaux à nous, alors il est légitime de se poser la question : sommes nous le "Temps" et si oui, existe-il? S'il n'existe pas, existe-on? Oui d'après ce bon vieux Descartes, car Dieu existe, et nous pensons, mais paradoxalement si nous sommes le Temps et que Dieu existe… Dieu n'est pas le Temps! Il existe alors deux unités qui nous contrôlent… Dieu et le Temps, qui n'est autre que nous-même.
ER : Le Temps existe mon bon ami et c'est sur lui que les recherches devraient se concentrer et non sur cette entité appelé Dieu qui ne semble existé que dans une autre "vie". En effet, ne dit on pas lorsque l'on meurt que l'on va rejoindre Dieu et son royaume? Ainsi de notre vivant pourquoi se poser des questions, et donc perdre son temps, sur un sujet qui ne nous préoccupe pas physiquement pour le moment. Le Temps soulève bien assez d'interrogations et trop peu de personnes s'attellent à démêler les fils problématiques qu'Il a tissé. Malheureusement occulté complètement la présence de Dieu nous amène donc à accepter de se jeter dans l'inconnu lorsque vient le temps de dire adieu au Temps et saluer Dieu. C'est cette peur de l'inconnu qui empêchera l'Homme de s'arrêter de chercher car la quête du Savoir reste la plus grande quête que l'Homme a jamais entrepris.
AT : Vous dites que poser des questions revient à perdre son "temps". Cela signifie-t-il que chaque personne à un temps à lui? Si tel est le cas, à quoi ressemble-t-il? Est-ce un bon temps comme disent les personnes atteintes de déficience mentale dûe à leur état sénile? De quel couleur est-il, ce "temps"? Rouge? Ya-t-il un rapport avec le taon qui pique le cul des chevaux? Si oui, le "temps" ne serait-il qu'une métaphore pour nous pousser à aller de l'avant et fuire cette insecte perfide que j'associerai sans crainte au passé? Tant de questions et si peu de temps…
ER : Le temps est perfide car il file entre nos mains et jamais ne se laissent manipuler. De même que le taon qui lui par contre peut se faire plaquer la gueule contre un mur si les réflexes sont bons. Le temps est à la racine du problème car indéfinissable et trop abstrait pour le culte commun. Il est de tous les conflits, les plus petits comme les plus gros. Concordia civium murus urbium ou autrement "La concorde entre les citoyens, voilà la muraille des villes". En somme une conclusion aussi absurde que le débat lancé précédemment
A bon entendeur. Je me retire humblement derrière ces paroles pour me retourner dans mon antre boulière afin de me roborrer de quelques mets préparés avec amour par ma Maman.